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Interview Daniel Dahan , Grand Rabbin D’Aix-En-Provence.

À 45 ans, Daniel Dahan, le nouveau grand rabbin d’Aix-en-Provence se confie en abordant son parcours et espérances.

« Nous devons affirmer haut et fort que le peuple juif est vivant. »

Lev Hair LPH : Parlez-nous de vous et de votre parcours.

Daniel Dahan : Je suis né à Annecy au sein d’une famille pratiquante venue de Fès (Maroc). Après le bac à la yeshiva d’Aix-les-Bains, le diplôme de l’École rabbinique de France à Paris et le diplôme de l’École pratique des hautes études, je suis parti  étudier en Israël à la yeshiva de Mir (Jérusalem). Durant mon séjour j’ai reçu l’ordination (semikha) de Maran Ovadia Yossef (ZTSL) et du Rishon Letsion, Harav Mordekhay Eliahou (ZTSL), entre autres. Je me suis marié en Israël avec Myriam née Bloch, originaire de Bâle (Suisse). À mon retour en France, j’ai assumé la charge de grand rabbin de Nancy et de Lorraine et des régions voisines, ce qui m’a rendu attentif aux besoins des communautés de province. J’ai été membre du Comité d’éthique biomédicale du Consistoire de Paris,  aumônier des Armées, ce qui m’a beaucoup apporté. J’ai repris des études avec le professeur Raphael Draï. J’ai soutenu il y deux ans, sous sa direction, une thèse de doctorat en droit privé sur le thème du statut de la femme dans le judaïsme au regard du droit matrimonial, à la faculté d’Aix-en-Provence. L’année dernière, cette thèse est parue sous forme de livre (1).

LVH/LPH: Pourquoi avez-vous choisi la communauté d’Aix-en-Provence? La connaissiez-vous auparavant?

B.D : J’étais venu deux fois à Aix dans le cadre de mes études. C’est le grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui m’a convaincu. Le président de la communauté, Bernard Agaï, a su se montrer persuasif et le courant est vite passé, tant avec lui qu’avec les autres membres de la communauté. La présence d’une école juive de qualité à Aix, l’EJAP, n’a pas été étrangère au choix que j’ai effectué avec mon épouse. L’idée de changer, de se renouveler et de relever un nouveau défi n’a pas non plus été pour me déplaire. Enfin, la présence d’un miqwé et de commerces cashers à Aix ainsi que d’un grand centre juif à Marseille ont aussi pesé dans la balance.

LVH/LPH: Comment allez-vous aborder votre mandat, surtout dans une situation où les communautés juives sont en souffrance? 

B.D. : Avec entrain, attention et sérénité. Avec entrain, car tout nouveau poste nécessite une forte dose d’enthousiasme. Avec attention pour  chaque  membre de la communauté, et pour l’extérieur, afin de tisser des liens et de montrer la beauté du judaïsme. Il s’agit aussi de veiller à garder la tête froide en une période particulièrement troublée où nombre de nos coreligionnaires se posent des questions cruciales pour leur avenir.

Avec sérénité, qui marque la maîtrise de soi et permet d’affirmer haut et fort que le peuple juif est vivant et qu’il continuera à exister contre vents et marées et à proclamer le message du Sinaï au monde. Sans agressivité, sereinement.

 

 

 

Livre : Agounot, les femmes entravées, Presses universitaires d’Aix-Marseille

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