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Le rêve d’un homme : une structure de vie pour les jeunes handicapés juifs Par Sandrine. A. Sroussi

Annie Rebouh est l’épouse de M. Bernard Rebouh, décédé il y a un an, qui a joué un grand rôle dans la communauté juive Marseillaise. Elle a, à sa demande, repris le flambeau de l’écriture des mémoires qu’il avait commencées et souhaite accomplir le rêve de sa vie : créer une structure de vie pour les jeunes handicapés juifs.

Un homme en « formation » durant toute sa vie

Diplômé d’une école de commerce d’Alger, il a commencé sa carrière en tant qu’enseignant à Salon de Provence, Marseille et Aix. Ensuite, il a été Professeur de comptabilité et gestion financière à l’IUT de St Jérôme. Après une année d’études à Québec, il obtient en 1973, son master de finances. Mon mari a toujours étudié tout en travaillant, notamment pour devenir expert Comptable, matière dans laquelle il a écrit plusieurs manuels de comptabilité. Il a aussi beaucoup étudié nos textes juifs et laissé des écrits dessus… Je découvre tous les jours les trésors qu’il a laissés…Mais son vrai combat a toujours été en faveur de l’éducation juive pendant 50 ans.

L’éducation juive et Yavné, son « bébé »

En 1960, il tente de fonder une association d’enseignants juifs mais elle ne voit jamais le jour. Il s’intéresse alors à Yavné, installée dans les locaux de l’ancienne synagogue Yavné, avenue des tilleuls. Yavné, c’était sa passion, son obsession. Il voulait absolument la reloger dans des locaux plus adaptés, plus sécurisés.  Il faut savoir qu’il y a 35 ans déjà, les gens des cités étaient agressifs et nous lançaient des pierres ! Le Vatican était alors farouchement opposé à la vente de son école catholique (44, bd Barry) à des juifs. Malgré ses angoisses et ses inquiétudes, il ne laissait rien paraître. Il était totalement investi dans cette école et peu de gens savent qu’il a d’abord été président des parents d’élèves.  Son attachement affectif pour Yavné l’a suivi jusque dans la mort et, même, dans les moments où il était très malade, il continuait à contacter des personnes en rapport avec l’école pour suivre son évolution. Je viens d’inaugurer une plaque commémorative en son honneur qui se trouve dans la salle des Terminale S. Ernest Lévy, actuel président du C.A. de Yavné et M. Teboul, vice-président, l’ont souhaité pour remercier cet homme, toujours disponible, modeste et généreux.

Un homme dévoué à sa communauté

Mon époux était très actif au niveau de la communauté. Même pendant l’ouverture de son cabinet d’expert comptable, il menait toutes ses activités de front et, quand il se faisait aider par des étudiants, il tenait à les payer chaque semaine, ayant toujours le souci de n’exploiter ni de blesser personne. Donc, au niveau communautaire, avec Marcel Zerbib, le Rabbin Asseraf et sa sœur Caroline Rebbouh, mon mari s’occupait de la synagogue de la Rose, qui se trouvait alors chemin de la Sartan, dans le 13ème arrt. Il collaborait aussi à l’écriture d’articles dans les journaux communautaires, notamment Lev Haïr et Haboné.

Un projet inachevé : la création d’une structure de vie pour handicapés juifs

Nous avons une enfant handicapée trisomique, Déborah. Sachez que les parents d’enfants handicapés n’arrivent plus à scolariser leurs enfants dès qu’ils grandissent. Puis se pose la question du vieillissement des parents… Nous avons tenté deux fois de faire notre alya et nous avons du revenir. La première fois, parce qu’au Mercaz klita de Mevasseret Tsion, on a refusé notre bébé parce que trisomique. Je ne pouvais pas faire mon oulpan alors qu’un bébé de 1 an, trisomique ou non, demande les mêmes soins. La seconde fois, en 2007, parce que nous avons connu les mêmes difficultés d’intégration avec notre enfant handicapée. Mon mari est tombé malade et nous ne sommes jamais repartis puisque, seule La Timone, pouvait s’occuper de lui. Nous nous sommes installés à Château Gombert et nous avons rencontré la famille Rosenthal. Des gens admirables qui ont créé une structure, Beyahad, qui vient en aide à de jeunes handicapés juifs. Ils leur offrent des sorties, des loisirs culturels mais le but est surtout de soulager les mamans et d’offrir une vie juive authentique à ces enfants. Il existe une autre association, Handicap, Amitié, Culture mais pas de vraie structure de vie, dans laquelle les handicapés pourraient passer la nuit. Mon mari m’a donc passé le flambeau. Je souhaite rassembler les familles concernées par le handicap pour commencer à réfléchir au sujet. Aujourd’hui, ma fille va en structure spécialisée catholique et c’est très compliqué de lui faire conserver ses traditions et sa culture juive dans ces conditions. Je crois qu’on peut faire quelque chose pour les handicapés pour ne pas les déraciner. Je me dois de continuer la tâche de mon mari.

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