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Paroles de pros: Alya et intégration By Guitel Benishay

C’est à la suite des vagues d’alya de 2004-2005, qu’ont été créés des postes dédiés aux olim au sein des grandes mairies d’Israël: les  »proyektorim ». Ces coordinateurs d’alya sont employés par les municipalités et chaque candidat à l’alya est mis en contact avec celui de la ville où il a décidé de s’installer.

Ces personnes jouent un rôle très important dans la réussite des premiers pas en Israël: ils sont les référents, les intermédiaires, les guides, les conseilleurs, indispensables dans tous les domaines concernant l’arrivée, l’installation et le début d’une bonne intégration en Israël.

LPH a posé deux questions à ces pros de l’alya et de l’intégration. Certains ne nous ont pas répondu, faute de temps ou d’autorisation. Voici les réponses de ceux qui ont bien voulu participer à ce dossier.

 

 1) Quel est aujourd’hui le principal obstacle à l’intégration?

2) Quels sont les atouts des olim que vous leur conseillez de mettre en avant dans leur projet d’alya et dans sa concrétisation?

 

photo micheleMichèle Nabet

Ville d’Ashdod

 

1)  Faire l’alya n’est chose facile pour personne. Les obstacles sont nombreux  mais vivre en Israël mérite bien quelques sacrifices. Il est vrai que les prix de l’immobilier n’en finissent pas de monter et que cela peut en freiner certains dans leur décision d’alya, mais là n’est pas la principale difficulté. Les olim francophones rencontrent des difficultés à l’intégration dans la société israélienne et en particulier dans le monde du travail du fait de la barrière de la langue. Les Français qui ont un projet d’alya ou qui sont déjà arrivés en Israël  ne doivent pas faire l’économie de l’oulpan et des efforts que cela implique. De l’assimilation de la langue dépend leur intégration en Israël et dans le marché du travail israélien plutôt que dans les call-center français qui restent très souvent une solution de repli pour nombre de Français. Très chers Olim, à votre arrivée en Israël le Misrad Haklita vous offre au moins 6 mois d’oulpan gratuit, il vous offre aussi la possibilité de faire de nombreuses formations financées sans oublier les 6 mois de panier d’intégration; profitez-en pour vous investir dans l’apprentissage de l’hébreu, vous ne le regretterez pas !

2) Faire son alya signifie  pour beaucoup de Francophones réaliser le rêve de toute une vie et en particulier pour les juifs de France qui sont très souvent  de véritables sionistes. Cet amour d’Israël est un véritable atout pour nous les Français car il nous permet de puiser les ressources nécessaires pour affronter les difficultés de ce changement de vie qu’implique l’alya.

Afin d’aider les Olims à franchir le cap, certaines villes comme Ashdod mettent en œuvre des moyens importants pour les Olim: ils bénéficient d’un suivi personnalisé par leur coordinateur d’alya, ils ont des programmes d’intégration et d’oulpan personnalisés dans les écoles, des activités et sorties sont organisées et financées tout au long de l’année pour leur faire découvrir notre magnifique pays … Les olim viennent chacun avec un  « bagage » personnalisé de diplômes, de compétences et d’expérience  qu’il faut savoir mettre à profit en Israël  et pour les aider ils peuvent compter sur le soutien et les conseils de l’équipe du Misrad Haklita.

Ruth BoukhrisRuth Boukhris

Ville de Beer Sheva

 

1) L’apprentissage de la langue est, à mes yeux, le principal obstacle à une bonne intégration. Cela se ressent aussi bien pour les enfants qui doivent s’initier à la fois à un nouveau système scolaire et à une nouvelle langue mais aussi aux adultes qui cherchent à s’intégrer professionnellement au cœur de la société israélienne.

Hormis la langue, l’écart entre le système éducatif français et israélien présente un réel défi pour les parents d’élèves qui ont du mal à suivre et à orienter leurs enfants.

2) La décision  de faire son alya est, en général, motivée par des raisons idéologiques et sentimentales envers notre pays, mais chaque nouveau départ est mêlé de réussites comme de déceptions.

Pour mieux gérer notre intégration et en tant que ‘Français’, nous devons mettre en avant notre sens de la patience, de l’optimisme, de l’organisation et des compétences relationnelles aussi bien pour avoir de l’aide que pour le plaisir.

Je rencontre plusieurs fois des olim qui, par pudeur, n’osent pas demander de l’aide et se retrouvent ensuite dans des situations plus complexes alors OSEZ pour mieux s’intégrer !

Sarah UzanSarah Uzan

Ville de Hadera

 

1) Concernant les adultes il est clair que la barrière de la langue est le principal obstacle à l’intégration. J’insiste beaucoup pour leur faire comprendre qu’il faut commencer à apprendre l’hébreu déjà en France, car ceux qui arrivent avec un niveau de base se débrouillent beaucoup mieux et avancent plus rapidement dans le cursus de la alya.

Concernant l’éducation, c’est à mon avis un des gros problèmes auquel nous n’avons pas encore vraiment de solution. Le système français étant aux antipodes de l’israélien, nombreux sont les olim qui tombent de haut, car ils n’avaient pas été préparé à ce fossé, qui existe souvent à partir de la préadolescence. Les olim ont énormément de mal à s’y retrouver avec les « cases » dans lesquelles on veut les intégrer, car en France peu importe le niveau de religion ou la couleur de la kippa tous, pratiquement, se retrouvent sur les bancs des mêmes écoles.

Soyons clairs, sans emploi, aucun avenir. Au cas par cas, j’encourage à parfois se recycler en Israël.  Par exemple les métiers manuels sont les plus faciles à exporter, pour les diplômés universitaires et les métiers de la hi-tech, j’insiste sur l’apprentissage approfondi de la langue afin de pouvoir s’intégrer des sociétés israéliennes, en aucun cas je ne les encourage à venir si ils n’ont aucune notion d’hébreu.

Enfin pour ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre, il y a toujours la possibilité de faire des formations subventionnées par le ministère de l’intégration, mais dans tous les cas on en revient toujours au premier obstacle pour une bonne intégration: l’apprentissage de la langue …!

2) C’est surtout au niveau de la religion que ça se passe: la notion de  »Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est beaucoup plus palpable dans le système français où on ne cherche pas absolument à classer les gens mais uniquement faire ressortir l’amour pour la Torah et inculquer la notion d’être juif.

En Israël tout le monde est juif, alors on veut nous forcer à faire partie d’un mouvement, soit sioniste … soit haredi … soit pas religieux … ça heurte souvent notre éducation…

image (3)Myriam Maymon

Ville d’Ashkelon

 

1) Le principal obstacle est la langue. Le conseil que je donne aux olim est de prendre les difficultés comme une occasion de prouver leur capacité et non pas comme un obstacle infranchissable.

On a l’impression que la bureaucratie est une sorte de marécage. Ce qu’il faut pour la surmonter c’est de la bonne volonté et de l’humour.

2) Les olim doivent venir en Israël avec la possibilité de regarder la réalité de la vie avec des yeux d’enfants curieux, prêts à apprendre de nouvelles règles.

Il faut aussi qu’ils apprennent à ouvrir leur cœur et à faire confiance à ceux qui sont déjà là.

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