News

Rencontre avec Rav Réouven Ohana, grand rabbin de Marseille

Rav Réouven Ohana, grand rabbin de Marseille : « Notre Beth Din est honoré du retour de rav Mimoun qui est une autorité connue et reconnue dans la ville »

 

Lev haïr : Le site du consistoire de Paris mentionne : « Dans le cas où la requête de conversion émane d’une famille, (mère non juive et ses enfants), les enfants de moins de 13 ans sont inclus dans la démarche parentale ».

Pourquoi n’est-ce pas le cas sur le site du consistoire de Marseille?

Rav Réouven Ohana : « Tout d’abord c’est le cas aussi à Marseille. Néanmoins, si le consistoire de Paris préconise systématiquement une politique du « regroupement familial », Le grand rabbinat de Marseille, lui, considère chaque personne, enfant ou adulte, comme un cas singulier et particulier. Pour ces enfants, beaucoup dépendra de leur environnement sur le plan scolaire social et de l’exemplarité des deux parents. Des fois, ces enfants auront besoin d’un parcours adapté et un rythme particulier pour leurs processus de conversion ».

L.H : En Israël, le processus de conversion est-il plus facile qu’en France ?
R.O : « Au Grand Rabbinat proprement dit, Il n’y a certainement pas plus de souplesse en Israël qu’en France. Le grand rabbinat de France a les mêmes exigences que celles du Grand rabbinat d’Israël. Nous maintenons le cap qui a toujours été le notre, à savoir : celui d’une conversion engagée avec ce qui s’appelle la « Kabalat ôl mitsvot », l’acceptation du joug Divin et de l’ensemble des mitsvot par le candidat.
Il y a en revanche différents circuits dits « parallèles » ou il est effectivement bien plus « facile » d’aboutir, mais ces instances ne sont pas reconnues par les Grands Rabbinats officiels, ni d’israël ni d’ailleurs 
».

L.H : Comment faut-il considérer les enfants nés seulement de pères juifs, qui sont la semence d’israël, mais qui ne sont pas reconnus comme juifs?

R.O : « Selon la Halaha, lorsqu’il est né d’une mère juive, même si le père n’est pas juif, l’enfant est juif. Lorsqu’il est né d’une mère non juive, même lorsque le père est juif, l’enfant ne l’est pas, et un processus de conversion s’impose. Il n’y a là aucune confusion, puisque nous ne faisons que dicter la loi juive.
Par ailleurs, le fait que le père soit juif est un élément à prendre en compte, car au-delà du fait qu’il s’agisse comme vous le dites, d’une semence d’Israël, nous devons aussi leur porter un regard particulier sur le plan humain. Souvent ces enfants portent en eux une forte identité juive par leur père et par le vécu de la tradition dans la famille chez les grands-parents. Ces enfants sont en souffrance car non reconnus religieusement. Même si pour ces enfants aussi, un processus normal de conversion s’impose, il n’en reste pas moins qu’il y ait effectivement plus de raisons de leur accorder plus de bienveillance 
».

L.H : Nous avons appris que le Rav Mimoun allait réintégrer votre Beth Din, au sein du Grand rabbinat de Marseille. Pourquoi avez vous pris cette décision?

R.O : « En effet, je peux annoncer officiellement et avec satisfaction à notre communauté que Rav Mimoun à répondu positivement à mon appel et à ma proposition de  réintégrer notre Beth Din et je l’en remercie.  Je vous rappelle qu’il y a encore treize ans et avant mon arrivée à Marseille, le rav Mimoun était la personnalité centrale du département des conversions du Grand Rabbinat de Marseille, avant qu’il ne prenne sa retraite et du recul par rapport au Grand Rabbinat.
Ces dernières années, les actes de conversion émanant personnellement du Rav Mimoun et non du grand rabbinat, n’étaient pas reconnus en Israël.
une situation anormale et dégradante pour lui. En appartenant aujourd’hui au Beit din officiel de Marseille, il retrouvera aussi toute la place qu’il mérite
.
Désormais, les conversions à Marseille dépendront de la seule et unique compétence du Beth Din de Marseille qui a le grand avantage d’être reconnu par le grand Rabbinat d’Israël ainsi que par tous les Rabbinats du monde.
Notre Beth Din est honoré du retour de rav Mimoun qui est une autorité connue et reconnue dans la ville, à la fois pour nous et pour les candidats à la conversion. C’est un mérite et un privilège de l’avoir à nos côtés. Sa personnalité, sa vision et son ouverture auront toute leur place dans les décisions du Beit Din de Marseille.
Notre objectif a aussi été de retrouver une unité communautaire, en parlant d’une seule et même voix dans tous les départements du grand rabbinat. Pour la communauté, cette unité retrouvée est réjouissante 
».

 

Propos recueillis par Magali Barthès

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Inscrivez-vous à notre newsletter !

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Magazine mensuel gratuit consacré à l’information culturelle et cultuelle de la communauté juive de France. Une nouvelle approche rédactionnelle moderne à travers des rubriques pratiques de la vie quotidienne (En direct d’Israël, Mode, Santé, Bien-être, beauté, psycho, Education, Couples, cuisine, culture…) son histoire et ses acteurs…